Arrivée de Russes "blancs" en Corse : un choc culturel.

Vendredi 19 Janvier 2018

Les articles relatifs à l'arrivée de " Russes blancs" en Corse en 1921 sont nombreux sur notre site. En dehors de l'article intitulé: 
"DE LA CRIMÉE A LA CORSE - L’ODYSSÉE DU NAVIRE RION - 1921" qui figure en page d'accueil, ils sont essentiellement regroupés dans la RUBRIQUE : LES RUSSES EN CORSE.

 Nous n'aurons garde d'oublier notre film culte :  "LETTRE D'UN RUSSE DE CORSE" ( rubrique : cinéma-théâtre-vidéos)

_________________________
 
 
 
Mais relatons ici  le choc culturel  qui a caractérisé la rencontre entre les émigrés "Russes blancs" de 1921 et la population locale.
 
 
Quelques photographies illustrent la « rencontre » entre les émigrés russes de la révolution de 1917 jetés  par le destin sur les rivages de Corse, et une frange de  la population locale de l’époque :
 
La première photo représente Vania Baranovsky, jeune officier d’artillerie, et ses soeurs, à la veille de la révolution.
Vania Baranovsky, après avoir quitté  à la nage le RION, mis en quarantaine en mai 1921 dans la rade d’Ajaccio, épousera plus tard une Corse du village de Caporali, fondera une famille, et créera un garage qui deviendra la concession FIAT, devenue  une « institution » ajaccienne.
 

 
_____________________________________________________________________ 


 
FAMILLE BARANOVSKY


 




la seconde photo représente la famille Mariaccia, d’Ucciani.
On peut y voir madame Veuve Mariaccia Marguerite, née Pantaloni, entourée de 5 de ses 7 enfants, dont  Catherine Mariaccia à l’âge de 8 ans.
Catherine Mariaccia épousera  en 1929, à l’âge de 21 ans, Constantin Maiboroda. Ce dernier  n'était pas un passager du RION.
Il est arrivé en Corse en 1928 (après avoir poursuivi des études en Tchécoslovaquie) sans doute suite à des contacts établis avec des compatriotes ukrainiens qui lui avaient vanté l’hospitalité locale.
Il créera une entreprise d’électricité dont la « publicité » reproduite ci-après, datant des années 30, témoigne de la « modernité » de son auteur.
Constantin  MAIBORODA, était né de Pierre Maiboroda et Hélène Melnikov (autre patronyme très répandu à l'Est).
Une remarque s'impose à propos de son ascendance : elle est à la fois russe et ukrainienne, ce qui témoigne de l'imbrication des deux nations au début du XX° siècle.



Famille MARIACCIA
 
Arrivée de Russes "blancs" en Corse : un choc culturel.




MARIACCIA Jean Dominique, époux de Marguerite née PANTALONI , bûcheron en Amérique à la veille de la guerre 14-18,  et qui aurait été le beau-père de Constantin Maiboroda s'il n'était décédé quelques années avant 1931. 


 




Enveloppe avec libellé de l'entreprise de Constantin Maïboroda. 1930.
Elle témoigne de la "modernité" de l'intéressé. Mais n'y avait-il pas quelque excès ou quelque ingénuité à parler de villas et .... châteaux à l'époque ?



Constantin Maiboroda et son épouse Catherine Mariaccia

Le village d'UCCIANI (AUCCIA) berceau de la famille MARIACCIA


http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1092640


 
La commune d’Ucciani se trouve en Corse du Sud, canton du Celavo-Mezzana. Elle fait partie de la Communauté des Communes de la Haute Vallée de la Gravona. Sa superficie est de 2300ha. Les communes limitrophes sont Tavera, Bastelica, Rezza, Azzana, Vero et Carbuccia. Le village se situe entre 400 et 500 mètres d'altitude. Il se compose du village principal et du hameau de Crucoli. Le point culminant de la commune est A Punta d'Isa (1610m) dont le sommet se partage entre les communes de Bastelica et Tavera. L'eau y est abondante, on y trouve une cinquantaine de sources. Le village est entouré de châtaigniers et de chênes verts, on y trouve quelques oliviers. Les surfaces agricoles se trouvent principalement au lieu-dit Tuschini et Tinturaghju, on y cultivait du blé, de l'orge et on y faisait du foin.
 
Le territoire de la commune d'Ucciani est certainement occupé depuis la préhistoire comme l'atteste le menhir trouvé à Tavera, non loin de ce territoire. Après la chute de l'Empire Romain, pour fuir les multiples invasions, les habitants du bas des vallées se réfugièrent en montagne. C'est durant le haut moyen-âge que se développèrent les implantations de Tassu, de Mariaccia, de Meligrossi et de Sant'Antonu. Les restes de la chapelle San Lunardu, qui, selon la tradition aurait été la chapelle du Tassu ont été datés du IXe siècle. Aux alentours de l'an mille, peu à peu, les sites primitifs furent réoccupés et des édifices religieux bâtis (Sant' Antonu, Santa Barbara, Sant' Antuninu, Cunventu...). L'église paroissiale Saint Antonin est signalée par Mgr Mascardi en 1587. A l'époque moderne, la culture du châtaignier se développa et jusqu’à 9 moulins fonctionnèrent dans la commune. Sur le plan terrier, les villages de Tassu et de Sant' Antonu sont ruinés, celui de Meligrossi n'apparait plus, celui de Mariaccia possède encore des habitants. Au XIXe siècle, avec la construction d'un pont au lieu dit Vercaghju, l'amélioration des routes et l'arrivée du chemin de fer, l'économie se développa quelque peu. Comme les autres villages de la vallée de la Gravona, Ucciani perdra environ 10% de sa population lors du premier conflit mondial.


MAISONS DITES CASI DI A MARIACCIA

http://m3c.univ-corse.fr/omeka/items/show/1093508

Maisons de l'ancien village de Mariaccia abandonné au début du 19e siècle; elles sont présentes sur le plan terrier de 1788 et en bonne partie ruinées sur le cadastre napoléonien de 1852. Ce village serait très ancien (haut moyen-âge) et aurait été plusieurs fois rasé lors de diverses incursions (tradition orale). Il existait deux autres villages U Tassu et Meligrossi rasés eux aussi lors d'une incursion sarrasine au 15e siècle.

 

Le hameau de MARIACCIA