"Diocèse de CHERSONESE" : quand l'histoire ancienne et la géopolitique actuelle s'entrecroisent

Mardi 21 Mai 2019

 "Diocèse de CHERSONESE" : quand l'histoire ancienne et la géopolitique actuelle s'entrecroisent
 
Le site de l'Église orthodoxe russe en France (https://www.egliserusse.eu/)  peut surprendre par son intitulé,  ainsi formulé :
Site officiel du diocèse de Chersonèse, Patriarcat de Moscou.
L'évocation d'un Diocèse de CHERSONESE associé au Patriarcat de Moscou mérite donc quelques explications.
 
Le terme Chersonèse est issu du grec  khersos, continent et nêsos, île) se traduisant par "péninsule" ou "presqu'île".
Le terme russe actuel est  : Херсонес  Khersones .

La presqu'île de Chersonèse correspond à la Tauride antique et à la Crimée actuelle.


Les vestiges de la colonie grecque de Chersonèse, (fondée vers 600 av.JC)  sont situés à environ  à 2 km à l'ouest de Sébastopol. Devenue par la suite une cité commerciale  florissante de l’Empire byzantin, elle a été occupée en 988 par le grand-prince de Kiev, Vladimir Sviatoslavitch qui y demanda le baptême, ce qui est considéré comme le début de la christianisation de la Russie (évènement qui n'est pas sans rappeler le baptême de Clovis pour le Christianisme en France).

 


Cf. à ce propos, tiré de Encyclopædia Universalis  :
Wladimir VODOFF, « VLADIMIR Ier SVIATOSLAVITCH saint (956 env.-1015)»,consulté le 21 mai 2019.
URL : http://www.universalis.fr/encyclopedie/vladimir-ier-sviatoslavitch/

 
VLADIMIR Ier SVIATOSLAVITCH saint (956 env.-1015)
 
Obligé de se réfugier en Scandinavie en 972, à la mort de son père, Sviatoslav, Vladimir réussit à s'imposer comme prince de Kiev, grâce à l'appui d'une troupe varègue (978-980). Là, il étend son autorité sur l'ensemble des tribus slaves de l'Europe orientale, élargissant la frontière de l'État kiévien vers l'est et le sud-ouest. La sécurité de cet État est assurée par d'incessantes actions militaires contre les peuples et les États voisins : duché de Pologne en 981 et 993, tribus lituaniennes en 983, royaume bulgare de la Kama en 985 et 997, royaume bulgare du Danube en 986 et 1000 et surtout hordes pétchénègues en 992, 995 et 997. Profitant du péril que constitua pour l'Empire byzantin la mutinerie de Bardas Phocas, Vladimir revendique la Crimée et cherche à s'allier à la dynastie impériale (en 989, il épousera Anne, sœur de l'empereur Basile II).
C'est dans ces circonstances, mal connues dans leur détail, que se placent le baptême de Vladimir (987-988), la reconnaissance du christianisme byzantin comme religion officielle de l'État (989-990) et la mise en place de structures ecclésiastiques (dont l'étude détaillée soulève beaucoup de questions). Il est avéré que le prince néophyte a consenti à l'Église une « dîme », prélevée sur le trésor princier, et de nombreux privilèges, dans le domaine judiciaire notamment.
La personnalité de Vladimir, que les sources authentiques permettent difficilement de cerner, domine le folklore épique russe (les byliny), offrant l'image du monarque idéal. L'Église le canonisa, probablement au xiiie siècle. Dès le xiie siècle, les maîtres de la nouvelle principauté de Vladimir-Souzdal (Suzdal') font circuler les légendes qui leur permettent de resserrer les liens historiques avec celui que la postérité considérera comme le fondateur de l'État russe orthodoxe.




 
 
 
 
 

 "Diocèse de CHERSONESE" : quand l'histoire ancienne et la géopolitique actuelle s'entrecroisent

Jean Maiboroda