Quand la Corse demandait son rattachement ..... à la Russie

Samedi 13 Janvier 2018

Quand la Corse demandait son rattachement ..... à la Russie
Une errance sur la toile m'a permis "d'exhumer" un petit article émanant de Jacques Colonna paru en 2015 ( et qui m'avait échappé à l'époque).
Jean  Maiboroda


Tiré de : https://www.france-catholique.fr/Les-Corses-russes.html

 

Les Corses russes

par Jacques Colonna

jeudi 14 mai 2015

[...]

Il est peu connu que, par trois fois au XVIIIème siècle, la Corse demanda d’être rattachée à l’Empire russe, moyennant une forte autonomie et le respect du catholicisme romain. Pour échapper à l’emprise française... Deux fois sous la monarchie, la dernière en 1799, sous le plus répressif des régimes français en Corse... celui de Bonaparte.

Le "marché" proposé était d’avoir des ports en Méditerranée contre une protection militaire. Les doubles des lettres envoyées se trouvent à la bibliothèque de Bastia (source : MADAME JANINE SERAFINI-COSTOLI, qui fut conservatrice du Musée ethnographique de Bastia)


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Cet article est à rapprocher d'un autre article, paru sur notre site ( 09/06/2012)


Tiré de " IN PIAZZA" le vendredi 18 octobre 2008. (N° 113).
 

"L'ESCADRE RUSSE DANS LE PORT D'AJACCIO"   A farani i Russi" (Les Russes le feront) 
 
 
Cette expression du jargon populaire qui signifie "n'attendons pas que d'autres le fassent pour nous", est encore utilisée par les vieux Ajacciens. Elle daterait de la venue dans le port d'Ajaccio de l'escadre impériale Russe, le mercredi 1er novembre 1893, dans le cadre de l'alliance Franco-Russe chargée de contrer les projets hégémoniques de l'Allemagne de Guillaume II. Les Russes, les marins du tsar Alexandre III, "allaient le faire", allaient soutenir la revanche française face aux Prussiens.
 
L'accueil d'Ajaccio au contre Amiral AVELLAN, à ses officiers, ses marins (l'un d'eux, le marin Didvick Yann, décédera à l'escale ajaccienne et est enterré au cimetière de la ville) fut fastueux.
La pluie de la nuit a bien aidé les balayeurs à rendre rues, places et arbres prêts au grand pavois; les drapeaux tricolores sortent des fenêtres comme par enchantement; la mairie et le marché aux poissons sont tendus d'oriflammes; sur les quais, face à l'escadre, apparaissent mille mats ornés de flammes et de trophées aux armes de la ville; seuls manquent, pour l'instant, les mille cinq cent drapeaux russes commandés par la municipalité. Le "Courrier d'Afrique" n'est pas encore là: ils seront distribués des son arrivée!
 
Après Paris, Lyon, Marseille et Toulon, c'est à Ajaccio que l'escadre russe rend une visite surprise alors qu'elle reprenait la route de la Grèce, sans doute sur ordre du Tsar, soucieux d'honorer la ville qui a vu naître Napoléon et/ou l'ambassadeur du Tsar Alexandre 1er, Pozzo di Borgo.
 
Le maire de l'époque, Pierre PETRETO ne manquera ni d'éloquence, ni d'arrières pensées. Tel fut son discours : "OUI, la ville d'Ajaccio aime la Russie, et son vœu le plus cher serait de voir, même au prix des plus grands sacrifices, son beau port devenir le port d'attache de votre nation en Méditerranée".
 
Que dire des envolées de patriotisme fort lyriques du quotidien LE DRAPEAU (situé 19 cours Napoléon, valeur 5 centimes) ! La plume du Comte MULTEDO titrait: "DOBROPOJOLOVAT! Soyez les bienvenus!", entamait son ode par "Hourra pour l'escadre russe! Hourra pour L'amiral Avellan ! Hourra pour Sa Majesté l'Empereur Alexandre!" et concluait par: "Gloire à Sa Majesté Alexandre, Hommage profondément respectueux à sa noble et gracieuse compagne l'impératrice de Russie, Honneur aux officiers, marins, soldats russes, Vive la Russie, Vive la France, Vive la Corse, Vive Ajaccio! Le nid, d'où prit son vol l'aigle des Bonaparte salue avec amour le pays ou plane l'aigle des Romanoff".
 
Cette hospitalité plus que remarquable provoqua la venue l'année suivante du Grand Duc Georges à bord de "L'amiral Kornilov". Le Grand Duc aura droit à son hymne sur la place du Diamant, à une excursion en "trinichellu" à Vizzavona, et un "spuntinu" au lieu dit Pratitondi de la plaine de Peri, ouvrant ainsi la voie aux premiers touristes russes ….
 
 
Sources indiquées par " IN PIAZZA" : "Ajaccio, expressions et surnoms" - Paul Lucchini – Editions Sciarabola et "Histoire d'Ajaccio", éditions Albiana.

 

 

Jean Maiboroda