LA NOUVELLE CAPITALE DES RUSSES BLANCS.PARIS 1922

Samedi 11 Avril 2009

Nous reproduisons ici l'article intitulé "La nouvelle capitale des Russes blancs.PARIS 1922" paru dans le mensuel HISTORIA (01/03/2009 – 747) sous la plume de monsieur AlexandreJevakhoff.





Chassés par la révolution d'octobre 1917 et par la guerre civile qui s'ensuit, de nombreux exilés se réfugient en France. À Paris, ils se fixent dans quelques quartiers. Suivez le guide.

Les premiers sont partis au lendemain de la révolution de février 1917. Encore peu nombreux, ils se sont éloignés vers le sud de la Russie : l'Ukraine ou le Caucase, ou de l'autre côté du golfe de Finlande. Avec le coup d'État bolchevique d'octobre 1917, le mouvement d'exil s'est emballé. Tous ceux qui ne correspondaient pas aux critères bolcheviques ont rapidement été confrontés à un choix des plus simples : rester, avec le risque de l'exécution sommaire, de la prise d'otages, de l'emprisonnement, de la torture entre les mains de la Tcheka et, dans tous les cas, d'un inexorable bouleversement de leur vie ; ou partir, quitter la Mère-Russie avec l'espoir d'un prompt retour. Car, croyaient-ils, les Alliés (principalement Britanniques et Français) ne pouvaient laisser la Russie aux mains des bolcheviks et les armées blanches finiraient par triompher des rouges ; deux espoirs également vains. En novembre 1920, le général et baron Petr Nikolaïevitch Wrangel évacue la Crimée et transporte dans des conditions inimaginables 145 000 militaires et civils, hommes, femmes, enfants, vieillards, jusqu'à Constantinople.
Combien de Russes ont fui leur patrie à l'époque ? La réponse a de quoi effrayer un expert-comptable, tant les estimations sont variées et délicates : 5 millions, comme l'annonçait le grand-duc Kirill Vladimirovitch ? De 1,5 à 2 millions ? Lénine ne mentait pas trop, même s'il a vraisemblablement rehaussé le nombre des émigrés. Proposons donc entre 1 et 1,5 million.
Ni Paris ni la France ne représentent la destination première de ces Russes - rassemblés sous le vocable général de « Blancs ». Tout au long de la guerre civile - c'est-à-dire entre fin 1917 et fin 1920 -, un grand nombre choisit de rester aussi près que possible de leur patrie. Ce n'est qu'à partir de 1922-1923 que Paris devient, sinon la capitale de l'émigration russe, du moins une de ses places fortes. D'ailleurs, Paris n'est pas la seule ville de France à attirer des Russes blancs. Certains choisissent Nice et la Côte d'Azur avec l'espoir de retrouver le parfum des années fortunées ; d'autres vont partout où la France meurtrie par la Première Guerre mondiale a besoin d'hommes courageux : en Normandie, dans les usines métallurgiques ; dans le Nord et dans l'Est, pour « désobuser » les champs de bataille ; dans le sillon rhodanien et ses vallées chimiques ; dans le Sud-Ouest agricole, et même au Maroc, en Algérie et en Tunisie. Mais retour à Paris, haut lieu de la diaspora russe.


L'ambassade de Russie

Situé 79, rue de Grenelle, dans le 7e arrondissement, à quelques minutes du Quai d'Orsay, siège du ministère des Affaires étrangères, l'hôtel d'Estrées abrite alors la résidence de l'ambassadeur et la chancellerie. L'ensemble a de quoi décevoir les Parisiens convaincus des extravagances russes : une architecture modeste, une harmonie sobrement élégante.
Après février 1917, le gouvernement provisoire a nommé à Paris un représentant qui a tout pour séduire la République française : Vassili Maklakov est un avocat célèbre, député à la Douma et franc-maçon. Le coup d'État bolchevique ne change rien à sa situation : Paris, Londres, Rome ou Washington ne se précipitent pas pour reconnaître le nouveau pouvoir à Moscou. Maklakov reste donc rue de Grenelle. Il est secondé par sa soeur et fait de l'ambassade une sorte de carrefour de l'émigration russe. Les contacts avec les diplomates français passent par lui, tout comme l'aide aux émigrés et l'organisation de la « vie russe ».
Cette situation originale dure jusqu'à l'automne 1924, quand le Cartel des gauches reconnaît le gouvernement soviétique. L'heure est venue pour Maklakov de quitter l'ambassade, ce qu'il fait non sans emporter un certain nombre d'objets qui auraient bien intéressé les hommes de Moscou : les archives de l'Okhrana [Section de sécurité], la police politique tsariste qui disposait d'un bureau à Paris, en plein accord avec les autorités françaises. Maklakov prétend avoir brûlé ces documents particulièrement sensibles. En fait, l'ex-ambassadeur les a stockés dans des malles qu'il propose au gouvernement français. Déçu par l'atermoiement de ses interlocuteurs, Maklalov se tourne alors vers le gouvernement américain : les archives de l'Okhrana franchissent l'Atlantique.
Quant aux autres objets emportés par Maklakov, il faudra attendre la dernière étape de cet itinéraire (encadré, page 53) pour les retrouver. Bien qu'ayant perdu son statut diplomatique, l'ancien ambassadeur ne disparaît pas. Il présidera l'Office central des réfugiés russes, l'interlocuteur dorénavant attitré entre l'administration française et les Russes blancs.
Privés de leur nationalité russe par les bolcheviks, les émigrés se retrouvent dans une situation complexe. Soit demander la nationalité française, ce que très peu font - car c'est renoncer à tout espoir de retour -, soit rester apatrides et bénéficier du passeport Nansen, du nom de l'explorateur norvégien chargé par la Société des nations de trouver une solution pour les Russes, comme pour les Arméniens. Apatride devient donc un statut, mais singulièrement précaire : de quoi occuper l'ex-ambassadeur Maklakov jusqu'à la fin de sa vie.
Les Soviétiques prennent possession de l'hôtel d'Estrées. Pour les Russes blancs, comme pour les Français antibolcheviques, le bâtiment devient un lieu fantasmatique : le repaire des mauvais coups ourdis par les agents secrets envoyés par Moscou. C'est effectivement dans une aile de l'hôtel que s'installent les représentants à Paris de la GPU [la Guépéou, Direction politique d'État]. Ils ignorent que la Sûreté générale a accès à une bonne partie des informations échangées avec Moscou...

La cathédrale Nevski

Il faut franchir la Seine et approcher de la place de l'Étoile pour découvrir la rue Daru. Depuis 1861, face à la rue de la Néva (ex-rue Pierre-le-Grand) se dresse l'église Saint-Alexandre-Nevski. Dans le ciel de l'émigration russe, ses coupoles dorées surmontées de la croix orthodoxe scintillent sans pareil.
Avec la révolution et ses drames, la guerre civile et ses horreurs, la politique de persécution engagée par les bolcheviks contre l'Église, les prêtres et les croyants, avec l'exil, les Russes redécouvrent une pratique, sinon une foi, qui s'était affadie. L'intelligentsia russe, par essence, était sceptique, et même une partie de la bonne société trouvait l'orthodoxie, par trop engoncée dans un dialogue institutionnel avec l'autocratie. Alors, la pratique se confondait souvent avec un certain formalisme. Celui-ci n'a pas disparu, particulièrement à la cathédrale, dont les registres de baptême, de mariage et de funérailles déclinent le Bottin mondain de l'Empire russe.
Mais ceux qui se précipitent dans l'église, qui emplissent le jardin à la nuit pascale jusqu'à déborder sur le trottoir, vers le restaurant et la librairie russe opportunément ouverts à proximité, ne viennent pas là uniquement pour être vus. Ils cherchent un réconfort individuel et collectif, une réponse spirituelle, une identification nationale. La cathédrale est devenue le porte-drapeau d'une Russie décidée à opposer ses valeurs au bolchevisme. Moscou n'est pas la dernière à le réaliser : dès leur régime reconnu par la France, les bolcheviks réclament la propriété de la cathédrale, au prétexte qu'ils sont juridiquement héritiers du gouvernement impérial. Les tribunaux parisiens leur donnent tort, en reconnaissant les droits de l'association paroissiale.
Au début des années 1930, six paroisses dans la capitale et autant dans les communes avoisinantes (Boulogne, Clamart, Meudon, Chaville et Saint-Cloud) font de Paris le centre d'émigration russe le mieux doté en églises orthodoxes.
Sans oublier, à l'ombre des Buttes-Chaumont, au 93, rue de Crimée, dans le 19e arrondissement, l'Institut théologique Saint-Serge. La renaissance orthodoxe et les premiers pas de l'oecuménisme doivent beaucoup à cet institut fondé en 1925. À l'origine, il s'agissait d'un temple protestant destiné à des ouvriers allemands. Bien ennemi, le temple est mis en vente après la guerre. Pour l'acheter, la cathédrale Saint-Alexandre-Nevski fait appel à la générosité de ses ouailles ; elle ne suffit pas et il faut un prêt accordé par un entrepreneur russe juif pour emporter l'enchère. Une église toute de bois vêtue, comme celles qui peuplent par milliers les campagnes russes, un atelier pour fabriquer les cierges, un dispensaire et le fameux institut : Saint-Serge entre dans la légende de l'émigration russe et la longue montée qui conduit de la rue de Crimée à l'église perchée sur la colline ouvre aux séminaristes les portes de leur nouvelle vie.

Paris-Ouest et "Billankoursk"

Le restaurant Talisman, avenue de « Souffren » [Suffren] ; le restaurant Tchaïka, rue Laure-Surville ; le Conseil unifié du Don, du Kouban et du Terek, rue François-Coppée ; l'Union des anciens de Gallipoli, rue Mademoiselle ; l'Office central des réfugiés russes, rue de l'Abbé-Groult ; Pétrossian, alors place Saint-Charles ; la Ferme laitière russe, rue Lakanal ; le Basket-Ball Club russe, rue Lacretelle ; l'Association des chauffeurs et ouvriers russes de l'industrie automobile, rue Saint-Charles, à proximité de la rivale Union générale des chauffeurs russes, rue Letellier, sans oublier trois églises consacrées dans les années 1930 : le 15e arrondissement est bien le quartier russe de Paris. Pourtant, dans son livre La Russie en exil , écrit en 1930, Jean Delage ne place cet arrondissement qu'en deuxième position, avec 4 200 émigrés, soit 300 de moins que le 5e et un peu plus que les 6e et 11e (4 000). Avec les communes périphériques, Delage compte 53 000 émigrés russes. En 1921, le préfet de police en recensait 23 500 à Paris.
Les chiffres importent peu face à la marque qu'imprime l'émigration russe à cet arrondissement du sud-ouest parisien, face à l'harmonie qui s'instaure entre les Russes blancs et ce quartier populaire, bon marché, actif et situé à portée de marche des usines Citroën, Peugeot et Renault. Entre 4 000 et 5 000 Russes blancs travaillent chez Renault, c'est-à-dire environ un salarié sur six ! Ce qui explique pourquoi Boulogne-Billancourt, siège de Renault, gagne le surnom de « Billankoursk », sorte de village russe transplanté sur les bords de la Seine. Mais « Billankoursk » et le village du 15e ne se confondent pas. Boulogne, c'est le petit peuple. Tandis que le 15e...
Car, émigration ou non, la société russe garde divisions et hiérarchie. Et là, le 16e en impose à tous. C'est dans ce quartier récent de Paris que s'installent la princesse Paley, épouse morganatique du grand-duc Pavel Alexandrovitch assassiné par les bolcheviks, la fille aînée de Raspoutine et l'Union de la garde impériale. Cet arrondissement joliment construit séduit également Aleksandr Fedorovitch Kerenski (chef du gouvernement provisoire entre juillet et octobre 1917), ainsi que les industriels et banquiers russes. Ainsi, l'Association des financiers, industriels et commerçants russes a-t-elle son siège rue Nicolo, à côté des Associations d'avocats et d'ingénieurs et de la Commission pour la reconstitution de l'industrie minière et métallurgique de la Russie méridionale. Sans surprise, la franc-maçonnerie russe se regroupe dans le même quartier, rue de l'Yvette. Les habitants du quartier prennent l'habitude d'entendre le parler russe dans ses rues, jusqu'au lycée Janson-de-Sailly, un des premiers à enseigner la langue de Pouchkine.

Pigalle et ses cabarets

Partout, les Russes blancs forment ce que Nabokov appelle des « colonies denses ». À l'en croire, ni le temps ni l'envie ne poussent l'intelligentsia russe à se mélanger avec les indigènes. Le snobisme de Nabokov mis à part, les Russes blancs restent effectivement entre eux. La conviction, les premières années, du caractère éphémère de l'exil, l'impression de supporter plus facilement entre soi les contraintes de cette nouvelle vie, la découverte d'une France qu'ils croyaient bien connaître et qu'ils trouvent bien plus complexe... Alors, les naturalisations et les mariages mixtes sont rares ; restent les contacts professionnels et la vie quotidienne pour établir des passerelles entre les uns et les autres. Même la police française, qui tente de contrôler une infiltration soviétique, est en difficulté pour pénétrer le milieu russe blanc.
Il faut attendre la fin des années 1920 pour que deux romans écrits en français entrouvrent l'univers de l'émigration russe. Coup sur coup, Joseph Kessel publie Nuits de Princes et Irène Némirovsky David Golder . La jeune femme livre son milieu, celui d'un banquier israélite dont la fortune est exploitée par sa femme et son entourage. Quant au journaliste, né en Argentine en 1898, issu d'une famille israélite ayant quitté la Russie au XIXe siècle, il décrit « les princes avilis, les grandes dames vendant des fleurs, les officiers de la garde et les amiraux de la flotte impériale devenus serveurs, cuisiniers, portiers ». Nuits de Princes débute dans une petite rue de Passy - encore le 16e -, mais le coeur du roman se passe à Pigalle.
Entre les rues Pigalle et Fontaine flambent le Yar, la Troïka et le Château caucasien, trois restaurants russes, trois salles de spectacles tziganes et caucasiens. Les Russes blancs qui en ont encore les moyens retrouvent les habitudes pétersbourgeoises et moscovites, mais la clientèle est surtout composée de Français ou d'étrangers qui repartent enivrés, au propre et au figuré, à l'idée d'avoir côtoyé l'élite déchue de la société russe.
Les deux romans ont tellement de succès qu'ils sont portés au cinéma : le Grand Palais sert même de studio à la scène de cavalcades cosaques imaginée par Kessel. Ainsi s'installe, dans l'opinion française, l'image d'une émigration russe où tout le monde ou presque était prince, général ou cousin du tsar, où tout le monde est devenu alcoolique, drogué ou débauché. Sans oublier les grands-ducs chauffeurs de taxis et les héritières mannequins. Kessel se défendra en présentant son roman comme un hommage rendu à des personnages qui lui « ont donné une autre mesure de l'existence ».


Les hauts lieux


Les sites institutionnels russes de Paris sont l'ambassade, rue de Grenelle (1) et la cathédrale Saint-Alexandre-Nevski, rue Daru (2). Les exilés vivent pour les moins aisés dans le 15e arrondissement (3), aux portes de Billancourt où beaucoup travaillent dans les usines automobiles, et pour les plus fortunés dans le 16e (4). La vie nocturne se passe à Pigalle (5).



EN COMPLÉMENT

Le Grand Exode russe, d'Andreï Korliakof (YMCA-Press, 2009). 720 pages, 1 600 photos, pour la plupart inédites, de l'exode russe en Europe.

Les Blancs contre les Rouges

On qualifie de «Blancs » les Russes fidèles au régime impérial opposés aux «Rouges » bolcheviques. Cette couleur fait aussi référence à la cocarde blanche des armées antibolcheviques des généraux Denikine et Wrangel et à l'ordre de saint Georges, récompense militaire la plus élevée dans l'Empire russe. De leur côté, les bolcheviks traitent de « gardes blancs » tous leurs adversaires pendant la guerre civile de 1917-1920. L'émigration emporte non seulement les survivants des armées blanches, les monarchistes, mais aussi la gauche non bolchevique au sein du Parti ouvrier social-démocrate de Russie, les mencheviks comme Kerenski, ancien chef du gouvernement provisoire issu de la révolution de février 1917, et les industriels et banquiers, guère séduits par la conception collectiviste de l'économie.

Certains sont restés, d'autres ont continué leur chemin

Igor Stravinski

Le compositeur du Sacre du printemps est né en 1882, à Orianenbaum. Il est en France lors de la Révolution de 1917. Il effectue un avant-dernier voyage en Russie à la veille de la Grande Guerre. Il n'y retournera qu'en 1962. Naturalisé français en 1934, il devient américain en 1945. Il meurt à New York en 1971.

Natalia Gontcharova

Née à Nagaïevo en 1881, cette artiste a exposé au Salon d'automne de Paris en 1906, organisé par Diaghilev. Surpris par la Grande Guerre et par la révolution, elle et son compagnon, Mikhaïl Larionov, ne peuvent regagner la Russie. Naturalisée française en 1939, elle décède en 1962 et est inhumée à Ivry-sur-Seine.

Alexandre Kerenski

Né à Simbirsk en 1881, il est l'un des leaders de l'opposition au régime tsariste lors de la révolution « bourgeoise » de février 1917. Devenu chef du gouvernement, il est chassé par les bolcheviks. Réfugié à Paris, où il n'est guère apprécié des autres émigrés, il part aux États-Unis en 1940 et meurt à New York en 1970.

Henri Troyat

Lev Aslanovitch Tarassov (son nom) est né en 1911 à Moscou. Lors de la Révolution, ses parents fuient la Russie par le Caucase, Constantinople, Venise pour arriver à Paris en 1920. L'auteur d' Un si long chemin entre à l'Académie française en 1959. Ses obsèques, en 2007, sont célébrées à la cathédrale Nevski de Paris.

Le cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois

Les premières tombes russes orthodoxes ont été creusées dans le cimetière de Sainte-Geneviève-des-Bois (Essonne) en 1927, pour accueillir les corps de Russes blancs décédés dans la maison de retraite voisine ouverte par la princesse Vera Kirilovna Mestchersky. L'acquisition du château et son fonctionnement ont été rendus possibles grâce à la générosité d'une jeune Américaine - Miss Dorothy Paget. C'est dans cette maison de retraite que Maklakov, l'ancien diplomate, a trouvé un refuge pour les biens qu'il a emportés de l'ambassade à l'automne 1924 : des portraits de la famille impériale et surtout le fauteuil fabriqué pour la visite de Nicolas II à Paris en 1896. C'est là que la veuve de l'amiral Koltchak et celle du général Koutepov, enlevé par les Soviétiques en 1929, finissent leur vie. À la veille de la Seconde Guerre mondiale, quelques centaines de Russes blancs reposent dans le cimetière, sur lequel veille une chapelle orthodoxe construite en 1939. Aujourd'hui, ils sont près de 10 000 qui espèrent le repos éternel à l'ombre des bouleaux. Comme en Russie.




Jean Maiboroda