Napoléon et Dostoievski, par Anna Gnedina Moretti. Suivi de : Napoléon dans la littérature russe, et de : "Quand Catherine II priait pour le salut de Pascal Paoli".


  Rencontres de Sartène 2021. Anna Moretti, docteur en sciences de l’art, agrégée d’anglais, auteur d’une biographie de Catherine II évoque la présence de Napoléon dans l’œuvre de Dostoïevski. 
https://soundcloud.com/revue-conflits/napoleon-et-dostoievski-anna   
 
Anna Moretti . Courte biographie 

Anna Vladimirovna Gnedina-Moretti  (Анна Владимировна Гнедина-Моретти), 
d'origine russe, réside ordinairement  dans un petit village corse, Tralonca, situé près de Corte, en Corse.
Après avoir exercé au Lycée de Corte en qualité de professeur d'anglais, elle a été chargée de cours à l'Université Paris IV -Sorbonne et à l'IEP Sciences Po Paris.
Elle est docteur(e) en Sciences de l'Art.
Anna MORETTI 
participe régulièrement aux Journées d'Etudes et Rencontres Universitaires organisées en Corse (notamment Sartène et Bonifacio) et  elle est en outre l'auteure d'articles et contributions intéressant la Corse, la Russie, les Etats-Unis.
J.M

 
 
Ouvrages d'Anna Moretti
 
 
 

 
Catherine II : entre mythe et réalité
Anna Moretti et Elena Linkova
Paru en 2018 chez Ellipses, Paris dans la collection Biographies et mythes historiques.

 
https://www.leslibraires.fr/livre/13549252-catherine-ii-anna-moretti-ellipses
 
Catherine II de Russie (1729-1796) est l’un des personnages les plus mythiques de l’Histoire russe. Et pourtant cette impératrice n’a pas une seule goutte de sang russe… Rien ne prédestine cette petite princesse allemande, née Sophie Frédérique Augusta d’Anhalt-Zerbst en 1729 à Stettin en Poméranie, à devenir un jour impératrice de toutes les Russies, héritière spirituelle de Pierre le Grand. Sa vie est un véritable roman avec ses débuts difficiles, de nombreux obstacles jonchés sur son chemin, un couronnement suivi de triomphes militaires et politiques et de grandes déceptions qui parsèment sa vie privée.Tantôt glorifiée en tant que disciple des Lumières et amie des philosophes français, tantôt vilipendée à cause de l’aggravation du servage ou coupable de régicide, Catherine II est un mythe qui vacille entre légende noire ou dorée. Qu’une femme gouverne. Passe. Élisabeth l’avait précédée. Mais qu’une femme réforme un empire aussi vaste, aussi orthodoxe, aussi archaïque dans ses traditions oligarchiques ! Et qu’elle veuille mener sa vie privée comme un homme suscite un flot de fantasmes et d’affabulations. Trop de liaisons. Trop d’amours. Trop de tapages font d’elle une nouvelle Messaline, qui préfère ses amants – de plus en plus jeunes et beaux – à la transmission du sang pur des Romanov.Aujourd’hui, Catherine est de nouveau au goût du jour en Russie : son mythe impérial incarne les nouveaux désirs de l’État post-soviétique. C’est elle qui rattache la Crimée à l’Empire russe en 1783 et c’est Vladimir Poutine qui l’annexe de nouveau à la fédération de Russie en 2014…Derrière cette nébuleuse, l’auteur dresse le portrait tout en finesse d’une femme ordinaire, avec ses joies et chagrins, ses espérances et ses déboires. Visage réel et humain tiré de ses Mémoires, correspondance et écrits.



 


https://www.lecteurs.com/livre/une-histoire-erotique-de-versailles/4526927
 
Date de parution :  Editeur : Payot EAN : 9782228917049   Collection : PETITE BIBLIOTHEQUE PAYOT ; HISTOIRE    
Résumé:
 

Versailles, lieu de pouvoir ? Oui, mais aussi lieu de plaisir, de désir et de débauche. Du modeste pavillon de chasse de Louis XIII, le jeune Louis XIV fait une garçonnière pour y abriter ses premières amours avec la timide Louise de La Vallière, puis décide, au grand dam de Colbert, d'aménager le lupanar de ses jeunes années. De la pulpeuse Mme de Montespan à l'ardente Mme de Maintenon, maîtresses, favorites ou passades d'un soir se succèdent alors en un tourbillon mutin. On y lutine avec ardeur dans les alcôves accueillantes des appartements de Le Brun ou derrière les bosquets propices des jardins de Le Nôtre. Après les mignons de Monsieur et les orgies du Régent, les demoiselles du Parc-aux-cerfs choisies par la Pompadour se disputent l'honneur d'être troussées par l'insatiable Louis XV. Las, Louis XVI le Mou peine à honorer Marie-Antoinette et, à la veille de la Révolution, la « petite Sodome » aux moeurs débridées a jeté ses derniers feux.


 



lalibrairie.com/livres/pascal-paoli--et-les-femmes_0-2847755_9782369840237.html?ctx=b2b824666cfba3c6699745f3ec071c73
 
Pascal Paoli et les femmes

de Michel Vergé-FranceschiAnna Vladimirovna Gnedina-Moretti

chez Colonna Ed.
 
Paru le 03/08/2015

Pascal Paoli et les femmes / Michel Vergé-Franceschi et Anna Moretti
Edité par Colonna Ed.. Alata (Corse-du-Sud) - 2015



Étude biographique des relations que ce général de la nation corse a entretenues avec les femmes de son entourage familial comme avec des femmes politiques telles que la reine Charlotte d'Angleterre, la tsarine Catherine II ou la reine Marie-Antoinette. Pour comprendre cet homme du XVIIIe siècle, célibataire, qui a pourtant créé de nombreux liens avec des femmes lors de son exil en Angleterre.
Electre 2016
 
Pascal Paoli (1725-1807). L'homme politique est bien connu à travers ses biographies dont celle du Professeur Michel Vergé-Franceschi, éditée et rééditée aux éd. Fayard et couronnée par l'Académie française lors du Bicentenaire de 2007. L'homme privé est moins bien connu. D'où cet ouvrage Paoli et les Femmes où Michel Vergé-Franceschi s'est associé à une jeune professeure d'anglais, Anna Gnedina-Moretti, Russe, Docteur en Art qui travaille sur l'Histoire des Femmes et la littérature féminine. Ce double regard masculin/féminin permet de mieux cerner le Héros corse à travers trois réseaux : les Femmes politiques qu'il a rencontrées (Marie-Antoinette, la reine Charlotte d'Angleterre), ou qui lui ont écrit (la tsarine Catherine II). Les femmes de son entourage londonien, Écossaises, Anglaises, Américaines, romancières, musiciennes, pédagogues, peintres, artistes. Et enfin les femmes de sa famille, mère, soeurs, nièces et petites-nièces. Paoli, homme privé, célibataire troublé par les charmes de la marquise de la Jamaïque, de la duchesse d'Albanie, de Maria Cosway ou des jeunes touristes de Bath, voilà un ouvrage qui répond à bien des interrogations.***




 
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QUAND CATHERINE II PRIAIT POUR LE SALUT DE PASCAL PAOLI


Extrait de CORSE MATIN

Par Véronique EMMANUELLI
--25 juin 2018 
Corse--Culture et Loisirs

 
L'impératrice de toutes les Russies s'est entichée du "Babbu", mue par d'évidentes raisons géostratégiques...

C'est ce que raconte, entre autres, Anna Moretti dans son nouvel ouvrage, "Catherine II, entre mythes et réalité"
 


[...]

Désormais, Anna Moretti, enseignante d'anglais au lycée de Corte, docteur en sciences de l'art, d'origine russe, a poussé le lien qui la relie à sa compatriote d'adoption Catherine II, impératrice russe du XVIIIe siècle jusqu'à la biographie  "Catherine II. Entre mythe et réalité".
"Ce personnage, aussi surnommé Catherine la Grande, m'a toujours passionnée", confie Anna Moretti. La fascination trouve son origine dans l'ouvrage 
intitulé "Favorite", de Valentin Pikul, un auteur russe.
"J'avais douze ans à l'époque. Mes parents m'avaient dissuadé de lire ce récit qui, selon eux, comportait quelques passages un peu osés et quelques suggestions un peu trop appuyées".
D'autant que l'URSS d'alors veut de la vertu. Mettre en avant la version coquine des siècles passés se révèle problématique. "Nous étions alors à l'époque soviétique" se souvient-elle.
L'adolescence viendra à bout des réticences familiales. Anna Moretti dévorera l'ouvrage et, du même coup, entrera dans le monde de l'impératrice. Elle est enchantée par "Catherine qui reste , jusqu'à ce jour, l'un des personnages les plus mythiques de l'histoire russe. Pourtant, elle n'avait pas une seule goutte de sang russe. Elle finira par très bien parler le Russe. Mais elle l'écrira toujours très mal".

Position stratégique

Catherine II, impératrice de toutes les Russies, voit le jour en 1729 sous le nom de Sophie Frédérique Augusta d'Anhalt-Zerbst; c'est une petite princesse allemande. Elle peut compter sur une mère ambitieuse et pragmatique, ainsi que sur un entourage très influent. Bientôt, elle sera au centre de toutes les attentions d'Élisabeth, impératrice de Russie en quête d'une épouse pour son neveu et successeur sur le trône, Pierre. L'affaire sera vite conclue. Sophie, 14 ans à peine, se convertit à la foi orthodoxe et du coup devient Catherine et épouse de Pierre. Sa trajectoire est désormais celle d'une impératrice. Catherine se love dans son exécutif, s'arrime à la politique et à l'Europe dans le même mouvement. Elle avance à sa manière, prend une autre "consistance".
Anna Moretti aime. " J'éprouve un intérêt spécifique pour les femmes au pouvoir ou bien proches du pouvoir, car ce sont les femmes qui ont changé le cours de l'histoire. C'est sous Catherine II que la Russie joue un rôle prépondérant sur l'échiquier international", analyse la biographe.
Catherine II prend volontiers le parti de l'audace et du coup d'éclat. Elle surgit là où on ne l'attend guère. "Par exemple, sous la Révolution, elle se déclare prête à accueillir Louis XVI et Marie-Antoinette en Russie, en dépit des haines personnelles que nourrissent les Bourbons et Louis XV en particulier, à l'égard de la maison de Russie", raconte l'enseignante.
Catherine II n'hésite pas non plus à se mêler des affaires corses. L'île a un effet dépaysant et apporte une touche d'exotisme dans l'ordinaire des jours. Mais ce n'est pas tout.
Une part essentielle de sa valeur découle de sa position stratégique en Méditerran
ée. Et la grande Catherine lorgne sur la moindre parcelle de terre qui rend la conquête possible.
La première guerre russo-turque, entre 1768 et 1774, constitue une très bonne raison de faire reculer les frontières. "Catherine cherche alors désespérément en Méditerranée des ports où ses vaisseaux puissent faire escale. Ses proches attirent son attention sur la Corse, une île très bien située", commente Anna Moretti. La Corse a l'avantage de la géographie, mais aussi du chaos.
L'impératrice pourrait bien tirer profit de l'agitation ambiante. "Cela fait alors quatorze ans que l'île cherche à s'affranchir de la tutelle de son suzerain médiéval, c'est-à-dire la République de Gênes", poursuit-elle. En Corse, la Russe pourrait bien aussi "claquer le beignet" aux Français , ce qui n'est pas pour lui déplaire.
La logique de vengeance serait ainsi appliquée. "Il suffit qu'on prononce le mot Français devant Catherine pour qu'elle sursaute", reprend Anna Moretti.

L'achat du portrait

Cela lui fait penser à Louis XV et ses ministres, Choiseul en particulier, qui s'acharnent contre la Russie par tous les moyens. Catherine se donne les moyens de ses ambitions. "Son attaché en France, Nicolai Khotinski lui décrit avec une extrême précision tout ce qui se passe dans l'île. Après l'édit de Louis XV, qui proclame la Corse française, Paoli publie un manifeste qui appelle les Corses à défendre leur île. Une copie du document se trouve sur le bureau de Catherine", reprend l'auteur.
L'impératrice se confond même en dévotion. Elle s'en remet aux puissances suprêmes, s'engage corps et âme. "Je fais tous les matins une prière. Mon Dieu, sauvez les Corses des mains de ces coquins de Français", écrit-elle au comte Tchernychev. Dieu est encore appelé à la rescousse. Pourvu qu'il prête vie et santé à Paoli ! "Dieu, donne la santé à mon ami Paoli", implore Catherine II.
Elle ira jusqu'à faire l'acquisition d'un portrait de Paoli. montrant un penchant pour la vénération.
Pour autant, elle veut plus. Elle l'affirme. Elle serait plus contente "si Paoli montrait les dents aux Français". Elle évoque le sujet avec Voltaire en 1768. "Je ne sais si Paoli parle français mais il sait combattre pour ses foyers et son indépendance".
Le général de la nation corse, de son côté se montre favorable a l'idée d'accueillir les vaisseaux russes dans ses ports. Le projet ne se concrétisera jamais . "La Corse devenue française,ses ports sont fermés. Les navires russes sont redirigés vers la Grèce", rappelle Anna Moretti. Corses et Russes ont manqué l'occasion.
L'impératrice de toutes les Russies enchaîne les conflits. Puis viendront les années Potemkime. Elles dureront jusqu'au jour "où le prince Potemkime jouera (à l'impératrice) un tour bien cruel en mourant". Dans la foulée se posera la question de la succession. Catherine La Grande a un empire à léguer. Elle s'éteint en 1796. Elle a à peine plus de 34 ans.


vemmanuelli@corsematin.com

Catherine II , entre mythes et réalité. Anna Moretti. Ed Ellipse, 335 pages.